Présentation - Région des Terres Maudites
Les Terres Maudites ont une structure bien particulière: au Nord des dalles inclinées entrecoupées de multiples couloirs, certains très raides et propices au ski de couloir, au Sud de douces pentes d'herbes et quelques ressauts rocheux.
Géographiquement ce secteur fait déjà partie des Hautes Alpes calcaires, mais géologiquement c'est toujours le Chablais. C'est donc une raison suffisante pour que ce secteur soit décrit ici.
Juste un peu plus loin, mais ce coup là ce
n'est vraiment plus en territoire chablaisien, le haut du vallon de Bossetan,
dans le Giffre permet quelques escalades de niveau moyen dans les
contreforts des Dents Blanches. Les approches sont longue mais dans des
paysages qui sortent du commun. C’est ainsi que depuis le refuge de Tornay
on peut grimper dans les voies d’aventure des contreforts des Dents d’ Oddaz
et surtout aux pointes des Chamois et de la Golette au-dessus du col de
Bossetan dans des voies à l’équipement moderne et au très bon rocher,
contrairement aux apparences. Le
topo
du Haut-Giffre donne toutes les informations utiles pour ce secteur.
La face Nord de Bostan hérite du nom inquiétant de "Terres Maudites" : l'été, enfin il y a déjà quelques bonnes dizaines d'années, les vaches par gourmandise allaient folâtrer sur l'herbe fraîche
des raides pentes Nord, juste au-dessus des grandes dalles. De temps à autres, cela finissait par une séance de base-jump, ou plutôt boeuf-jump, des familles. Devant le caractère obstiné des bovins chablaisiens, des clôtures ont été installées le
long de la crête sommitale : les terres de la face Nord ont perdu leur caractère maudit mais ont néanmoins conservé ce nom pour la postérité.
L'or du col de Coux
Le chalet et le lac des Mines d'Or, en face des Terres Maudites, ne doivent pas leur nom à l'or blanc... Il y a bien longtemps, dès le moyen age , le col de Coux était un lieu de passage pratique pour les pèlerins désirant transiter entre Chablais-Faucigny et Valais. Entre 1468 et 1700, il existait au col de Coux, peut-être à l’emplacement de l’actuelle cabane des douanes suisses (emplacement pourtant fort tempétueux), un hospice et une chapelle tenus par des moines et par la même occasion un péage. Ces moines auraient été les premiers à découvrir quelques pépites, mais rien n’est certain. C’est au XIXe siècle que le col de Coux a connu sa mini ruée. Vers 1850, des Suisses creusent une mine à quelques encablures du col. L’histoire ne dit pas s’ils ont fait fortune. Par la suite, dans les années 1890, ce sont quatre Stéphanois qui tentent de poursuivre l’exploitation, toujours, à la recherche d'un filon. La fortune n'était toutefois pas au rendez-vous, les difficultés d’exploitation dues au manque d’eau et surtout la mort accidentelle d’un des compagnons provoqua l’abandon définitif de la mine quelques années plus tard. On peut cependant encore voir encore quelques vestiges, même si sa galerie s'est éboulée. La légende dit que des filons énormes partant de la Dent de Bonavau (dent située dans le prolongement des Dents Blanches, sur Suisse) et du vallon de Fréterolle (au-dessus des Mines d'Or) se croisent sous le col de Coux. Les plus convaincus, affirment même que ces veines d’or déboulent jusqu’au lac Léman, du côté du Bouveret. Ben, à vos pelles !
Migration au col de Bretolet
Le col de Coux et, dans une moindre mesure, le col de la Golèse a depuis toujours servi de lieu de passage. Tout d’abord pour les pèlerins qui, au XV e et XVIe siècle, passaient par le col pour rejoindre les abbayes d’Agaune en Valais et de Mélan à Taninges. Les Valaisans franchissaient aussi ce col pour se rendre rapidement à la foire de Morzine, apparemment célèbre. L'afflux des touristes dans les années 30, poussa à la construction d’un poste de douane au col de Coux en juin 1927. Plus tard, notamment pendant la guerre, ce fut aussi le lieu de transit des contrebandiers qui passaient l’inévitable tabac et même des troupeaux de chèvres.
Tout cela a disparu aujourd’hui et seuls, les oiseaux et les touristes continuent de
migrer par ces cols. Le col du Bretolet (1936 m), est notamment l’un des
plus importants lieux de passage d’oiseaux des Alpes. C’est à l’automne,
période des grandes migrations vers des régions plus chaudes que l’on
peut le mieux les observer. Les oiseaux, canalisés par le val d’Illiez,
longent les Dents Blanches et passent naturellement au col du Bretolet
avant de continuer leur longue quête de chaleur. On peut observer, parmi
d’autres, éperviers, faucons, grives, passereaux, alouettes, milans et
les incontournables hirondelles. Juste sous le col, sur le flanc Est,
une station ornithologique de baguage permet d’étudier les migrations
d’août à octobre. Jusqu’à 10.000 oiseaux sont bagués tous les ans. On en
retrouve certains à des distances considérables comme en Afrique ou même
Russie après un trip de près de 4.000 km.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Orientations :
La paroi est orientée au Nord-Nord-Ouest.
Périodes favorables :
Généralement de mai à octobre.
Trop tôt en saison, le pied des voies est encombré d'un immense cône
d'avalanches que l'on peu néanmoins contourner par la droite. De plus,
des névés sous les pentes sommitales provoquent des ruissellements. Dans tous les cas, la paroi est à éviter après de fortes pluies : laisser sécher tranquillement un à deux jours voire même plus en automne.
Altitudes moyennes de départ des voies :
1650 m
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Nombre de voies de la région :
5
Points forts :
Voies faciles avec un dénivelé important.
Le rocher est dans l'ensemble très bon. L'accès, depuis les chalets de
Chardonnière est très rapide. Enfin, le cadre est plus que sympathique.
Points faibles :
L'exposition au nord limite la fréquentation de la dalle à quelques mois
par an. Hormis pendant la période la plus chaude, certaines sections sèchent
lentement après la pluie.
Carte :
I.G.N. 3528 ET - Morzine.
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ACCÈS ROUTIER

De Morzine (D902 depuis Thonon) rejoindre le fond de la vallée de la Manche (route du téléphérique de Nyon) passer devant le Charny et poursuivre
par la route goudronnée jusqu'à une fourche où la route monte à gauche monte
vers le refuge des Mines d'Or. Laisser la piste qui
continue en face et prendre celle qui descend à droite jusqu'au torrent de Chardonnière
(piste en terre sans problème pour les voitures). Ne pas traverser le
pont (chemin qui monte au refuge de Vigny) et poursuivre, sur la gauche
en suivant la piste forestière qui longe la rive droite de la Dranse, jusqu'aux
chalets de Chardonnière
(1346 m). Parking possible mais éviter de se garer en vrac. Eau à la
fontaine des chalets.
Gîte de Chardonnières, 20 places, restauration, ouvert de fin juin à fin
septembre, cadre superbe (M.NACHON, tél : 04.50.90.11.40 et 06 81 35 67
34).
APPROCHES
Temps montée:25 mnDénivelée:300 mAltitude départ voies:1650 m

Des chalets de Chardonnière, monter par un sentier qui
s'interrompt rapidement à un petit ruisseau que l'on traverse. Poursuivre par des pentes d'herbes
faciles puis un cône d'éboulis jusqu'à la dalle bien visible, bordée sur sa partie droite par un dièdre.
DESCENTES
Si l'on ne descend pas en rappel, on rejoint généralement les chalets de Chardonnière en suivant la voie normale de
la Tête de Bossetan. Une autre alternative intéressante est de rejoindre Chardonnière en descendant par le Pas de la Latte.
Descente par la voie normale de la Tête de Bossetan
De la crête de l'Avouille, que l'on rejoint vers 2000 m lorsque l'on sort des voies,
prendre le sentier qui descend de la Tête de Bossetan. Suivre la croupe Nord-Ouest des Terres Maudites jusqu'au col de la Golèse (1671 m). Du col, poursuivre par la piste
qui descend au Nord vers le chalet de Vigny. Vers Bonnevalette, prendre sur la droite (panneau) un
sentier bien marqué qui permet de rejoindre directement les chalets de Chardonnière.
Descente par le Pas de la Latte
De la crête de l'Avouille, remonter jusqu'à la sortie du couloir Central (2210 m). Descendre par le
sentier très escarpé du Pas de la Latte (marques jaunes) qui permet de rejoindre le vallon de Chardonnière. Descendre ce vallon en tirant sur
la droite pour rejoindre les chalets de Chardonnière. C'est un tout petit peu plus long que la descente par la voie normale, plus exposé aussi, mais
terriblement sympa.